Un message et des sites à consulter d'une pote que je vous fait suivre.

Un peu autre que les piétinements bêlants du jour et "union national" en prime même la marseillaise.

Bordel si la rédaction de CHARLIE HEBDO était encore là ça vous botterait le cul.

bonne lecture et réflexion.

Mo

Cher-e-s ami-e-s,

Cela va être dur d'argumenter face au rouleau compresseur médiatique alors je me lance!

J'ai expliqué à certains de mes collègues - de gauche - , 

de l'opposition municipale,
co-organisateurs d'une marche à Bellegarde
que je ne participerais pas à leur rassemblement
(où il est prévu de chanter la Marseillaise
devant le monument aux morts).

Rapidement quelques idées pour expliquer mon refus de participer:
- L'union nationale à laquelle

nous sommes appelés me semble illusoire

et cette assignation à s'unir me dérange.

Cela évoque la phrase formulée par Bush le 21/09/2001: "You're either with us, or against us". Je ne crois pas au mythe de la République une et indivisible

- Je suis touchée par ces assassinats, que je condamne,

en tant que personne attachées à la démocratie, à la libre-pensée et aux valeurs humanistes.

Mais je ne me sens pas touchée en tant que française

parce que ce n'est pas identité. Mon identité n'est pas nationale.

Les appels à l'unité nationale se sont souvent terminés

dans le sang (1914)

et je refuse de tomber dans le piège qu'on nous tend:

nous ne sommes pas en guerre

(contrairement à ce que pense une grande majorité de la classe politique). 
- Je trouve complètement inadaptée

cette démonstration patriotique voire nationaliste pour honorer des "vieux" libertaires antimilitaristes qui ont passé une bonne partie de leur vie

à pourfendre ce type de manifestation

et à "emmerder" la nation et la patrie!

- Je refuse de me recueillir devant

un monument aux morts qui fait l'apologie de la guerre et qui glorifie les morts pour "la patrie" en chantant la Marseillaise, ce chant guerrier aux mots si violents.

- Je ne pense pas que la liberté d'expression
soit menacée en France à cause du terrorisme.

Elle l'est, menacée, mais par l'absence d'indépendance financière

de la presse vis-à-vis des puissances de l'argent

et vis-à-vis de l’État (avec en tête Le Monde et le Figaro comme journaux les plus subventionnés) .

Quelques textes en vrac dans lesquels je me reconnais:
- http://www.arretsurimages.net/articles/2015-01-08/Je-ne-suis-pas-Charlie-Et-croyez-moi-je-suis-aussi-triste-que-vous-id7366 
- http://quartierslibres.wordpress.com/2015/01/07/ca-faisait-longtemps-que-charlie-hebdo-ne-faisait-plus-rire-aujourdhui-il-fait-pleurer/
- Un texte " « Charlie Hebdo », pas raciste ?

Si vous le dites…" écrit il y a un an environ, à remettre dans son contexte, bien sûr!

http://www.article11.info/?Charlie-Hebdo-pas-raciste-Si-vous
Un extrait auquel j'adhère totalement: « Charlie Hebdo », pas raciste ?
Si vous le dites…
"Vous vous réclamez de la tradition anticléricale,

mais en feignant d’ignorer en quoi elle se différencie fondamentalement de l’islamophobie : la première s’est construite au cours d’une lutte dure, longue et acharnée

contre un clergé catholique effectivement redoutable de puissance,
qui avait – et a encore – ses journaux, ses députés, ses lobbies,
ses salons et son immense patrimoine immobilier ;
la seconde s’attaque aux membres d’une confession minoritaire

dépourvue de toute espèce d’influence sur les sphères de pouvoir.

Elle consiste à détourner l’attention des intérêts bien nourris

qui gouvernent ce pays pour exciter la meute contre des citoyens qui déjà ne sont pas à la fête, si l’on veut bien prendre la peine de considérer que,

pour la plupart d’entre eux, colonisation,

immigration et discrimination ne leur ont pas assigné la place la plus reluisante dans la société française.

Est-ce trop demander à une équipe qui, selon vos termes,

« se partage entre tenants de la gauche, de l’extrême gauche, de l’anarchie et de l’écologie », que de prendre un tantinet en compte l’histoire du pays et sa réalité sociale ?"